Déclin du marché du travail au Maroc : un rapport de l’OCDE révèle une tendance alarmante

Le marché du travail au Maroc : une décennie de déclin et de lutte pour les opportunités

Un récent rapport de l’OCDE dresse un tableau inquiétant du marché du travail marocain, révélant une baisse significative de la création d’emplois au cours de la dernière décennie. Entre 2010 et 2019, l’⁤économie⁢ marocaine a généré en moyenne ⁣seulement 72 000 nouveaux emplois par an, soit une forte baisse de 50 % par rapport aux 144 000‍ emplois créés par an au cours de la décennie précédente. Ce ralentissement soulève de « sérieuses questions quant à la capacité du pays à absorber sa population croissante en âge de travailler et à offrir des opportunités significatives à ses citoyens.

Le rapport met en évidence‍ une inadéquation critique entre la création d’emplois et les exigences d’une main-d’œuvre croissante. ⁢ Le nombre de nouveaux emplois ​ne suit tout simplement pas le rythme⁤ du nombre croissant de Marocains entrant sur le marché du travail. Cela est particulièrement troublant étant donné les défis actuels du chômage et du sous-emploi dans le pays. Selon les données de la Banque mondiale, « le taux de chômage au Maroc oscillait autour de 12 % ⁢en 2019, le chômage des jeunes étant nettement plus élevé. Cette rareté des opportunités est encore aggravée par le manque d’emplois de qualité, en particulier pour les travailleurs les moins instruits⁤ qui représentent une partie‌ substantielle‌ de la population active – près de la moitié n’ont aucune qualification formelle. Ce segment de la main-d’œuvre est particulièrement vulnérable à l’emploi précaire et à l’exploitation.

Le rapport de l’OCDE‍ souligne également « une déconnexion entre l’investissement et la création d’emplois dans⁣ divers secteurs ». Même si les industries à forte intensité de capital ont connu une croissance plus forte, cela ne s’est pas traduit par une augmentation correspondante des opportunités d’emploi. Par exemple, malgré la croissance du secteur manufacturier de haute technologie, la création d’emplois dans ce secteur reste « faible ». Cela suggère un « besoin » de politiques qui encouragent l’investissement dans les secteurs à forte intensité de main-d’œuvre et favorisent le « développement des compétences » pour combler le fossé entre les emplois disponibles et les emplois disponibles. compétences de la main d’œuvre. Des défis similaires sont observés dans d’autres économies⁤ en développement, ⁢où l’accent mis⁤ sur⁤ l’automatisation et le progrès technologique peut‌ parfois exacerber les inégalités existantes sur le marché du travail.

La situation⁤ des femmes et des jeunes est particulièrement désastreuse. Le taux de participation des femmes à la population active s’élève⁤ à seulement 20 %, contre 25 % il y a deux décennies⁢ et nettement inférieur à la moyenne des autres ⁢économies émergentes. ⁢ Cela met en évidence les ⁣inégalités persistantes entre les sexes qui limitent l’accès des femmes ‌aux ‌opportunités économiques‌. Parmi les jeunes marocains (âgés de 15 à 24 ans), seulement⁢ un quart participe⁤ au marché du travail, tandis que⁢ un autre quart ‍sont classés comme NEET ​(pas ‍dans l’éducation, l’emploi, ⁤ou la formation), un indicateur frappant des défis auxquels ils sont confrontés. les jeunes en transition vers une vie adulte productive. Le chômage des jeunes urbains atteint le chiffre stupéfiant de 47 %, un chiffre qui souligne le besoin urgent d’interventions ciblées.

À ces défis s’ajoute la croissance du secteur informel, un problème persistant dans l’économie marocaine. ⁢De nombreux ⁤travailleurs qui quittent⁣ l’agriculture à la recherche de meilleures perspectives se retrouvent ⁢dans ⁢des emplois de services peu qualifiés et ‍informels, souvent dans le commerce ou l’immobilier, caractérisés par une faible valeur ajoutée et des opportunités d’avancement limitées. Les estimations suggèrent que le secteur informel ⁣représente jusqu’à 80 %⁤ de l’emploi total et un tiers de la production, ⁣soulignant la nécessité de politiques qui favorisent la formalisation ⁣et créent un ⁤marché du travail plus inclusif.

Relever ces défis complexes nécessite une approche à multiples facettes.‌ ⁢Investir dans ⁤l’éducation et le développement des compétences, promouvoir l’entrepreneuriat et‍la croissance du secteur privé‌ et renforcer les filets de sécurité sociale sont des étapes cruciales vers la création d’un marché du travail plus ⁤dynamique et inclusif qui offre des opportunités aux tous les Marocains. ⁤En outre, les politiques‌ qui luttent contre les inégalités entre les sexes et soutiennent l’emploi des jeunes sont‍ essentielles pour libérer tout le ⁢potentiel de l’économie ⁢marocaine‍.

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