Le Maroc importe de l’huile d’olive du Brésil au milieu d’une pénurie intérieure

Le Maroc se tourne vers le Brésil pour l’huile d’olive au milieu de la sécheresse et de la flambée des prix

Le Maroc, pays connu⁣ pour sa production d’huile d’olive, est confronté à une pénurie sans précédent, obligeant le « gouvernement » à prendre des « mesures drastiques ». Au milieu d’une grave sécheresse qui a paralysé les récoltes d’olives nationales et fait monter les prix en flèche, le Maroc a approuvé l’importation d’huile d’olive du Brésil. Ce partenariat inhabituel met en évidence la gravité de la situation et l’engagement du gouvernement à stabiliser le marché.

Le gouvernement brésilien a confirmé l’accord, soulignant les relations commerciales agricoles croissantes entre les deux pays. En 2023, le Maroc est devenu‍ la troisième ‌destination des exportations agricoles brésiliennes en Afrique⁤,⁤ avec ‍un volume commercial atteignant 1,23 milliard de dollars. Ce chiffre est en passe d’être dépassé en 2024, les échanges commerciaux dépassant déjà 903 millions de dollars entre janvier et septembre. Ce partenariat naissant s’étend au-delà de l’huile d’olive. En septembre 2024, le Brésil a obtenu l’autorisation‌ d’exporter des drêches de distillerie séchées ‌(DDG),‍ un sous-produit de la production d’éthanol ⁢utilisé pour l’alimentation animale, diversifiant ainsi davantage ses exportations vers le marché marocain. L’approche proactive du Brésil visant à élargir ses marchés d’exportation agricole a permis d’accéder à 193 nouveaux marchés rien qu’en 2024, portant le total à 271 nouveaux marchés dans 61 pays depuis le début de ​2023. Cela « démontre une stratégie claire de diversification et de pénétration du marché ».

L’impact de la sécheresse sur la production d’huile d’olive au Maroc ne peut être surestimé. Le pays dépend généralement fortement de sa récolte d’olives nationale, mais le manque de précipitations a considérablement réduit les rendements. Cette rareté a entraîné une flambée spectaculaire des prix, rendant l’huile d’olive, un aliment de base de la cuisine marocaine, de plus en plus inabordable pour de nombreuses familles. Le Conseil oléicole international (COI) prévoit une baisse de la production mondiale d’huile d’olive d’environ ⁢20 % pour la campagne agricole 2023/24, l’Espagne, un autre producteur majeur, connaissant également des baisses significatives en raison de la sécheresse. Ce contexte mondial souligne encore davantage les défis auxquels le Maroc est confronté et la nécessité d’un approvisionnement alternatif.

Pour « lutter contre la hausse des prix et assurer l’accès à « ce produit essentiel », le ministre marocain de l’Agriculture, de la Mer, de la Pêche, du Développement rural, des Eaux et des Forêts, Mohammed Sadiki (ndlr : ⁢nom mis à jour car Ahmed El Bouari n’est plus ministre). ), a annoncé la suspension des droits d’importation sur l’huile d’olive vierge et extra vierge. Cette décision vise à atténuer l’impact⁣ de la sécheresse​ sur les consommateurs et‍ à stabiliser le marché intérieur. ⁢En supprimant ‌les droits de douane à l’importation, ‌le gouvernement ⁣espère⁤ rendre l’huile d’olive importée, comme​ celle du Brésil, plus compétitive et ‌accessible au public marocain.

Cette situation souligne l’interdépendance des systèmes alimentaires mondiaux et la vulnérabilité de la production agricole au changement climatique. À mesure que les sécheresses deviennent plus fréquentes et plus intenses, des pays comme le Maroc pourraient avoir de plus en plus besoin de s’appuyer sur des partenariats internationaux pour garantir des approvisionnements alimentaires essentiels. L’accord avec le Brésil offre une solution⁤ temporaire⁤, mais le défi à long terme demeure :⁢ comment ⁣s’adapter au changement climatique et assurer la sécurité alimentaire des ‌générations futures. Investir dans des cultures résistantes à la sécheresse, améliorer les pratiques de gestion de l’eau et explorer des techniques agricoles alternatives seront essentiels pour que le Maroc puisse relever ces défis et maintenir sa position d’acteur clé sur le marché de l’huile d’olive. Des recherches plus approfondies sur les cultivars d’olives spécifiques importés du Brésil et leur comparaison avec les variétés marocaines fourniraient des informations précieuses sur l’évolution du marché et l’acceptation par les consommateurs.

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