Budget : Encasement des recettes en hausse, dépenses hors contrôle.

Le budget de l’État marocain est actuellement confronté à un déséquilibre marqué, où les recettes fiscales augmentent, mais les dépenses publiques croissent à un rythme encore plus soutenu. À la fin mai, le déficit budgétaire a atteint 30,1 milliards de dirhams, soulignant les défis financiers auxquels le pays doit faire face. Cette situation interpelle sur les choix budgétaires et les priorités économiques dans un contexte international incertain.

Un paradoxe budgétaire

Les cinq premiers mois de l’année 2026 révèlent un paradoxe intéressant. Les recettes fiscales ont effectivement progressé, atteignant 171,4 milliards de dirhams, mais cette hausse n’a pas permis de contenir l’accélération des dépenses publiques. Le déficit, comparé à 26,7 milliards de dirhams l’année dernière, témoigne d’une montée préoccupante des dépenses.

Les recettes en hausse

Les recettes fiscales ont connu une augmentation de 13,3 milliards de dirhams, contre 16,6 milliards de dirhams pour les dépenses. En termes de contribution sectorielle, c’est l’impôt sur les sociétés qui a le plus dynamisé ces recettes. Avec un bond de 24,2 %, il représente une part essentielle des recettes, atteignant 47,1 milliards de dirhams.

Cette performance est liée aux versements spontanés des entreprises, notamment pour le premier acompte et les régularisations fiscales. À noter que, malgré une légère baisse de 2 % de l’impôt sur le revenu, les recettes de ce dernier auraient augmenté de 11,1 % sans l’impact d’une recette exceptionnelle de l’année précédente.

Les défis des dépenses publiques

Les dépenses publiques se sont accentuées, s’élevant à 172,1 milliards de dirhams, soit une augmentation notable de 18,2 milliards par rapport à l’année passée. Ce phénomène résulte principalement de l’augmentation des dépenses de personnel, qui ont crû de 6,8 milliards, suite aux mesures prises lors du dialogue social pour améliorer les conditions des employés.

Évolution des dépenses de fonctionnement

Les dépenses de biens et services ont également connu une hausse significative de 16,2 milliards de dirhams. Cela inclut les transferts gouvernementaux aux établissements publics, qui soutiennent divers secteurs tels que l’éducation ou la santé. Parallèlement, les charges d’intérêts de la dette ont crû de 2 milliards de dirhams, amplifiant encore le fardeau budgétaire.

Encouragement à l’investissement

Les dépenses d’investissement ont atteint 51,1 milliards de dirhams, augmentant de 17 % par rapport à 2025. Cet investissement est crucial pour le développement des infrastructures et des services publics dans le pays. Avec un taux de réalisation de 44,5 %, l’État continue d’allouer des ressources significatives pour assurer une base économique solide.

Conditions environnementales favorables

Sur le plan national, les conditions climatiques ont été bénéfiques, avec de fortes précipitations depuis le début de l’année. Cela a permis d’optimiser la campagne agricole 2025-2026, avec une récolte céréalière estimée à 90 millions de quintaux. Malgré quelques perturbations temporaires dans le secteur non agricole, les activités se redressent rapidement.

Équilibre à travers les comptes spéciaux

Pour atténuer le déficit budgétaire, les comptes spéciaux du Trésor ont enregistré un excédent de 21,7 milliards de dirhams, contre 12,7 milliards à la même période l’année précédente. Cet excédent contribue à limiter le besoin de financement global, qui s’établit à 37,1 milliards de dirhams, une baisse par rapport aux 44,6 milliards un an plus tôt.

Les financements internes se chiffrent autour de 22,2 milliards, tandis que les emprunts externes nets atteignent 21,1 milliards. Ce retour à l’équilibre est crucial pour la stabilité économique du Maroc, en période d’incertitudes internationales.

Questions fréquentes

Quel est le montant du déficit budgétaire du Maroc à fin mai 2026 ?

À fin mai 2026, le déficit budgétaire du Maroc s’élève à 30,1 milliards de dirhams, un chiffre en hausse par rapport à 26,7 milliards de dirhams l’année précédente.

Quelles sont les principales sources de revenus fiscaux pour l’État marocain ?

Les principales sources de revenus fiscaux proviennent de l’impôt sur les sociétés, qui a bondi de 24,2 % pour atteindre 47,1 milliards de dirhams, ainsi que de l’impôt sur le revenu et de la TVA.

Comment l’État marocain compense-t-il son déficit budgétaire ?

L’État marocain compense son déficit budgétaire via des comptes spéciaux du Trésor, qui ont dégagé un excédent de 21,7 milliards de dirhams, réduisant ainsi le besoin de financement global.

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