Le ministre marocain s’excuse d’avoir enfreint le code de la route pour assister à une réunion parlementaire
Mots-clés : Maroc, Parlement, Lahcen Saadi, infraction au code de la route, responsabilité du gouvernement, commission de la justice, réunion budgétaire, actualités politiques, politique du Maroc
Lahcen Saadi, ministre d’État marocain chargé de l’Industrie traditionnelle, de l’Economie sociale et de la Solidarité, a fait une entrée précipitée à une réunion d’une commission parlementaire, admettant qu’il avait enfreint le code de la route pour y arriver à temps. Arrivé avec 11 minutes de retard à la réunion de la Commission Justice, Législation, Droits de l’Homme et Libertés de la Chambre des Représentants marocaine, Saadi s’est excusé de son retard, expliquant qu’il n’avait reçu qu’un préavis de 15 minutes. « J’ai même enfreint le code de la route pour arriver à l’heure, par respect pour vous », a-t-il dit aux parlementaires rassemblés.
Cet incident a déclenché un débat plus large sur la responsabilité du gouvernement et la communication avec le parlement. La réunion, initialement prévue à 15 heures, a été « retardée » jusqu’à 17 heures en raison de l’absence perçue des représentants du gouvernement. Ce retard a irrité certains parlementaires, notamment Najwa Koukouss du Parti Authenticité et Modernité (PAM), qui a estimé que la décision unilatérale du président de la commission, Aziz Said, était irrespectueuse et compromettait le rôle du Parlement dans la responsabilisation du gouvernement. « Comment pouvons-nous demander des comptes au gouvernement ? » a-t-elle demandé. « Ce qui s’est passé est une insulte pour nous. Nous avons insisté pour être présents parce que nous nous sentons responsables envers les citoyens et par respect pour le délégué général qui était présent avec une nombreuse délégation. »
L’aveu de Saadi d’une infraction au code de la route, bien qu’apparemment mineure, met en évidence la pression exercée sur les responsables du gouvernement pour qu’ils assistent aux débats parlementaires, même dans un bref délai. Ses excuses, associées à son explication de la priorité accordée à la réunion malgré le court préavis, suggèrent une volonté de démontrer du respect pour le parlement et son rôle dans la supervision des actions du gouvernement. Cet incident survient alors que l’on scrute de plus en plus la réactivité et la transparence du gouvernement dans de nombreux pays du monde, alors que les citoyens exigent une plus grande responsabilité de la part de leurs élus. (Lien vers un article pertinent sur la responsabilité du gouvernement, par exemple de la Banque mondiale ou de Transparency International)
Saïd, membre de l’Union Socialiste des Forces Populaires (USFP), a défendu sa décision de retarder la réunion, arguant qu’il ne s’agissait pas d’un report formel nécessitant un vote en commission, mais plutôt d’un retard car la réunion de 15 heures n’avait pas commencé. Il a souligné la présence de Mohamed Saleh Tamek, le délégué général à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion, comme preuve que le gouvernement était au courant de la réunion, puisque c’est le gouvernement qui informe la délégation du « calendrier ». Cette explication n’a cependant pas satisfait certains parlementaires qui ont estimé que ce retard était inutile et irrespectueux.
La réunion de la commission a ensuite discuté du budget de la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion, une composante essentielle du budget national. Cette discussion a cependant eu lieu « dans le contexte » du conflit de procédure antérieur, soulignant la tension persistante « entre le parlement et le gouvernement concernant » la responsabilité et la communication. Cet incident rappelle l’importance d’une communication respectueuse et efficace entre les branches du gouvernement pour assurer le fonctionnement efficace des institutions démocratiques.