RABAT – L’Algérie, connue depuis longtemps pour soutenir l’État palestinien sans reconnaître Israël, a surpris la communauté internationale en votant en faveur de la déclaration de New York des Nations Unies vendredi.
Le résolution appelle à une solution à deux États, soutenant la création d’un État palestinien indépendant tout en reconnaissant le droit d’Israël à l’État, et condamne les attaques du Hamas le 7 octobre 2023. Ce vote marque un départ frappant de la position précédente de l’Algérie de rejeter toute reconnaissance d’Israël.
La Déclaration de New York, coparrainée par la France et l’Arabie saoudite, appelle à une solution à deux États qui établit un État palestinien indépendant aux côtés d’Israël.
La résolution condamne le 7 octobre 2023, le Hamas attaque contre Israël, exige la libération des otages et exhorte le Hamas à renoncer au contrôle de Gaza à l’autorité palestinienne. Il propose également le déploiement d’une force de stabilisation internationale à Gaza et décrit les étapes vers la souveraineté palestinienne.
La résolution a été adoptée avec 142 voix en faveur, 10 contre et 12 abstentions. Notamment, le vote de l’Algérie en faveur a été un changement significatif par rapport à ses positions précédentes.
La position précédente de l’Algérie
L’Algérie a toujours été un fervent partisan des droits palestiniens et un défenseur de la création d’un État palestinien sans reconnaître Israël. Les responsables algériens ont constamment souligné la nécessité d’une souveraineté palestinienne sans aucune reconnaissance d’Israël.
En avril 2024, le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, a appelé à accorder à la Palestine un nombre complet de membres aux Nations Unies, déclarant: «Le moment est venu de faire de la Palestine un État pleinement reconnu aux Nations Unies.»
Cette rhétorique s’aligne sur la position de longue date de l’Algérie de soutenir l’État palestinien tout en s’opposant à toute reconnaissance d’Israël.
Et c’est ce qui fait du vote de l’Algérie en faveur de la Déclaration de New York un changement diplomatique important. L’approbation par la résolution d’une solution à deux États et son appel à la création d’un État palestinien aux côtés d’Israël contredisent directement la position précédente de l’Algérie.
Dans une interview avec le quotidien français Le Point en février de cette année, le président Abdelmadjid Tebboune a suggéré que l’Algérie serait ouverte à la reconnaissance d’Israël que lors de la création d’un État palestinien. « Notre priorité est la création d’un État palestinien », a déclaré le président algérien, soulignant que l’Algérie normaliser Relations avec Israël «Le jour même, il y a un État palestinien».
Analyste politique algérien oualid kebir commenté Sur cette évolution, déclarant: «L’Algérie a voté en faveur de la résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies ou de la« déclaration de New York »qui a condamné les attaques commises par le Hamas le 7 octobre et a appelé à son désarmement, à son exclusion de la décision de Gaza et à la normalisation entre Israël et les pays arabes.»
Bien qu’il ait officiellement réclamé un compromis et un rejet total de «l’entité sioniste», l’Algérie s’est également engagée dans le commerce avec Israël. En 2023, Algérie exporté 30,5 millions de dollars d’hydrogène pour Israël.
Cette relation commerciale contredit davantage la condamnation publique par l’Algérie des nations arabes qui ont normalisé les relations avec Israël. Une telle divergence entre la rhétorique et la réalité diplomatique de l’Algérie a conduit de nombreux pays dans ces pays arabes à dénoncer Alger pour avoir critiqué ceux qui s’engagent officiellement avec Israël alors qu’il fait depuis longtemps dans l’ombre.