Mesdames et messieurs, chers aficionados du football, posez vos tapas et écoutez bien. Depuis que la candidature Maroc-Espagne-Portugal à la Coupe du monde 2030 est sortie des dossiers, une danse étrange et trébuchante s’est produite de l’autre côté du détroit. Le thème principal est celui d’un complexe de supériorité, nos voisins hispaniques considérant le tournoi commun comme un exemple de « Nous et les autres ». Ou, plus précisément : nos voisins hispaniques, enfermés dans un « complexe Hidalgo » désuet, ont donné des indications sur leur conviction que le Maroc n’était là que pour décorer la scène, servir du thé et distribuer des cornes de gazelles. Olé !
Le Manifeste de Kigali : une Coupe du Monde par et pour l’Afrique
Tout a commencé le 14 mars 2023. En marge du congrès électif de la FIFA à Kigali, le Message du Roi Mohammed VI a frappé comme le tonnerre. Ce n’était pas une simple application ; c’était un manifeste de la souveraineté africaine.
Dans cette configuration inédite d’une Coupe du monde à deux continents, le Maroc n’est pas le « second acte ». Au lieu de cela, c’est celui qui exige l’égalité.
Si vous observez de très près, si vous prenez le temps de comprendre l’attitude du Maroc dans la diplomatie mondiale, ses investissements transformateurs dans le potentiel de puissance douce du football, le message de Rabat parle d’un désir authentique et ardent d’être une voix avec laquelle il faut compter dans tous les aspects de la dynamique mondiale. En d’autres termes, l’époque où le continent n’était qu’un simple décor pour le regard occidental est révolue. En 2030, l’Afrique sera l’un des architectes du projet de Coupe du Monde de la FIFA.
Le mirage madrilène : un tango d’indécision et l’ombre de 2027
Pendant que Rabat planifie méticuleusement, Madrid s’affaire à danser le tango : un pas en avant, deux pas en arrière. Le gouvernement Sánchez survit grâce aux décrets, mais le véritable tremblement de terre se profile lors des élections de 2027. La perspective d’une coalition droite-extrême droite jette un lourd nuage sur la candidature du pays à la Coupe du monde. Face à cette incertitude, le Maroc présente la stabilité souveraine d’une vision à long terme, impulsée par l’État – stable et inébranlable.
Entre « En attendant Godot » et le « Titanic »
Le spectacle continue avec une Fédération royale espagnole de football (RFEF) en plein désarroi, encore sous le choc du scandale Rubiales. Son nouveau président, Rafael Louzán, cherche désespérément une légitimité.
La RFEF accomplit ainsi son propre « En attendant Godot » : un débat sans fin sur la finale, avec une ferveur à la Beckett, en attendant un miracle – ou une décision – qui ne viendra jamais d’une fédération en ruine.
Le comble de ce théâtre de l’absurde est que Louzán, qui n’a qu’un rôle consultatif, s’imagine soudain avoir un droit de veto. Comme dirait Jacques Brel, il « aimerait être à la hauteur, mais il n’en a pas l’air du tout ». Ce coup bas n’est qu’un aveu de panique. C’est le « charme discret de la bourgeoisie », à la Buñuel : des fonctionnaires défilent lors d’un dîner de gala où ils n’ont aucun contrôle sur le menu.
Mais attention : en niant l’évidence, la candidature espagnole ressemble de plus en plus au Titanic. L’orchestre de Louzán peut continuer à jouer, mais la structure organisationnelle prend rapidement l’eau.
Harpagon, Scrooge et les calculs serrés
D’un côté, des rumeurs circulent selon lesquelles le Metropolitano se retirerait pour des profits à court terme – l’Espagne reconstituant son personnage le plus avare de « Harpagon Scrooge ». De l’autre, le Real Madrid s’enferme dans une comptabilité de sang-froid, privilégiant les loges VIP au détriment du prestige national. On nage ici dans le pur surréalisme : une fédération rêvant de grandeur mais constamment minée par de petites guerres de territoire.
Sécurité, water-polo et horloges qui fondent : le Vernis craque
Le débat sur le choix du site frise le burlesque : Malaga recule (au grand désarroi d’Antonio Banderas), Valence bégaie et le Camp Nou ressemble à quelque chose sorti d’une toile de Dali – des horloges fondantes mesurant le temps d’interminables retards. Pire, sous de fortes pluies, le stade catalan se transforme davantage en piscine de water-polo qu’en temple du football.
La sécurité ne s’en sort pas mieux. Les incidents violents d’El Sadar ternissent l’image « exemplaire » de l’Europe, tandis que les épisodes racistes répétés visant Vinicius Jr. soulèvent de sérieuses préoccupations éthiques pour la FIFA.
Le pouvoir intelligent pour gagner la bataille narrative
C’est là que le Maroc doit frapper fort. Le match se gagnera à la table des négociations et sur le champ de bataille narratif mondial. Le Royaume ne cherche plus seulement à charmer ; elle déploie son Smart Power, qui est un formidable mélange de diplomatie agile et de puissance infrastructurelle.
De plus en plus, le Maroc s’impose comme le seul acteur mondial capable de stabiliser le projet commun de Coupe du monde 2030. Nous détenons un argument imbattable : le Grand Stade Hassan II, avec ses 115 000 places. Mais au-delà de ce géant, c’est tout un écosystème qui se dessine : Rabat et Tanger rivalisent déjà avec les meilleures arènes du monde, et Marrakech, Agadir et Fès sont en train de rattraper rapidement leur retard. Face à l’incertitude ibérique, ce déploiement est la réponse implacable du Maroc.
Un accélérateur de développement et des « stress tests » permanents
Organiser cette Coupe du monde est avant tout un puissant accélérateur de développement. Loin d’une fête d’un mois, c’est un levier stratégique pour moderniser les infrastructures et dynamiser les territoires. Et le Maroc multiplie déjà les stress tests en conditions réelles : après la CAN 2025, suivra la WAFCON 2026, une probable AFCON 2028, et éventuellement une Coupe du monde des clubs à 48 équipes en 2029.
D’ici 2030, le Maroc sera un vétéran aguerri, endurci par les défis les plus exigeants.
Discipline marocaine : auto-évaluation et résilience
La force du Royaume réside dans sa capacité à s’auto-évaluer. C’est là que le Maroc fait preuve d’une résilience exemplaire – loin des matraques d’El Sadar ou des trahisons d’un Louzán qui se noie. Nous gérons les crises avec tact et sang-froid, et l’œil perçant de la FIFA qui nous observe apprécie cette discipline.
L’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt
Soyons clairs : le Maroc et l’Espagne sont unis par une histoire longue, parfois tumultueuse, et un destin commun. Le pont que nous traversons le détroit repose sur des fondations millénaires. Aux nostalgiques de l’hégémonie, levez le regard : la Giralda de Séville, la Koutoubia de Marrakech et la Tour Hassan de Rabat sont trois sœurs nées d’une même vision. En 2030, ils se reprendront tout simplement la main.
Mais l’Espagne doit comprendre que sur ce pont, le Maroc marche désormais à la même vitesse, voire plus vite. El Cid (Al-Sayyid) a remplacé le Toréador, regardant Don Quichotte se faire des illusions sur sa propre puissance alors qu’il combat les moulins à vent. Comme le chantaient autrefois les Trois Ténors, nous pourrions fredonner « Amis pour toujours. » Mais la courtoisie s’arrête là où commence l’ambition. Julio Iglesias l’a mieux dit : « La vie continue comme ça… » Mais dans cette vie, le Royaume a déjà plusieurs pas à parcourir. Olé !